Les ailes du Palais

Article publié par Marie-Rachel JOLIVET le 25/04/2016 à 20:04
Catégories : et si on sortait ?
Tags : musée , Marquet , la Seine , années 30

L’autre jour j’ai passé mon dimanche au Palais de Tokyo. Ce qui saute aux yeux ce sont ses deux ailes, majestueuses, avec la terrasse au centre qui permet de voir la Seine et la rive gauche. Les élégantes proportions de ses fenêtres, la blancheur de ses colonnes, la grâce de ses statues. Quand je pense qu’on a traité ce Palais de stalinien ! Tout ça parce qu’il est né dans les années 30 et qu’il en impose, mais sans être écrasant…

Je vous conseille de visiter les deux ailes, l’une après l’autre, c’est édifiant.

Voyez l’aile gauche, institutionnelle, avec le musée d’art moderne et les grandes expositions (pour l’heure c’est Marquet qui est à l’honneur). Je vous recommande aussi d’aller voir la grande fresque de Duffy en hommage à la fée Electricité et les merveilleuses études de Matisse pour la Danse. Duffy, Matisse, deux copains de Marquet. Dans l’aile gauche tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme etc… rafraichissante et apaisante, l’aile gauche.

Ensuite, traversez la terrasse (où vous pourrez prendre un verre s’il fait beau, c’est démocratique, bon marché et la vue est fantastique). Passez côté droit : vous serez saisi par l’ambiance foutraque, le bouillonnement généreux et éclectique, et surtout vous verrez les dessous de cette architecture si lisse… Qu’est ce qui se cache sous les murs blancs ? D’invraisemblables montages de briques, on se demande comment ça tient, d’ailleurs la structure est renforcée par ci par là, franchement ça tient du miracle ! D’un côté une aile princière, de l’autre un fouillis de briques, et il s’agit du même édifice. Il y a quelque chose d’émouvant à découvrir les curieux sous-bassements d’un monument aussi imposant. Qui plus est, l’aile droite est aussi intéressante que la gauche : car cela grouille de monde et d’enfants et de groupes et d’artistes, et de rencontres dans des lieux hétéroclites comme ces troncs qui semblent pousser au milieu des poutrelles…

Cette visite m’a fait penser à Hubert Robert, le peintre des ruines, à l’honneur au musée du Louvre jusqu’à fin mai : gageons qu’il eût aimé ce Palais de Tokyo, mi parfait, mi ruine…

 

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